Artiste

Soya the Cow & Uhura Bqueer

Soya the Cow & Uhura Bqueer
©️ Tarcisio Gabriel

Daniel Hellmann, né en 1985, est danseur, comédien et performeur. Il a étudié la philosophie à l'Université de Zurich, le chant à la HEMU Lausanne et le théâtre à la HKB Berne. Depuis 2018, il se produit avec son personnage Soya the Cow, une vache drag queen végétalienne. Ses performances ont reçu le June Johnson Dance Prize 2015 et ont été présentées en Sélection Suisse à Avignon (2015) et au Festival de théâtre d'Édimbourg (2019).

Uhura Bqueer, née en 1992 à Belém, Brésil, est artiste visuelle et performeuse. Diplômée de l'UFPA, son travail transdisciplinaire aborde les questions raciales et LGBTQIA+ à travers la performance. Elle a exposé au MAK Center (Los Angeles), au Museu de Arte do Rio et au MASP.

Dédomestication

Dédomestication est une performance qui interroge les logiques de domination à l’œuvre dans les relations entre humains, animaux et environnements. À travers leurs alter ego Soya the Cow et Uhura, Daniel Hellmann et Rafa Bqueer proposent une relecture critique des modèles hérités du colonialisme et de l’exploitation industrielle, en imaginant une nature queer, mouvante et indisciplinée.

Dans un contexte marqué par la crise climatique : incendies, sécheresses, effondrement de la biodiversité, l’œuvre oppose à la vision extractiviste du monde une approche fondée sur la transformation, l’hybridation et l’imaginaire. La performance déploie des images fortes, mêlant esthétique drag, rituels, musique et narration, pour ouvrir des espaces de réflexion sur la domestication des corps, des territoires et des espèces.

Le projet est né de la rencontre des deux artistes lors d’une résidence au Brésil, où Daniel Hellmann menait des recherches sur les liens entre monocultures de soja, industrie animale et destruction des écosystèmes. Rafa Bqueer, ancrée dans les luttes afro-indigènes et queer, apporte une perspective située, nourrie par l’expérience de l’Amazonie et des violences coloniales toujours à l’œuvre.

Leur collaboration croise ainsi art, activisme et performance, en abordant des questions de justice environnementale, sociale et identitaire. À travers leurs personnages, iels explorent des formes de résistance qui passent par le corps, la transformation et la mise en scène.

Dédomestication ne propose pas de solution unique, mais ouvre un champ de possibles. En brouillant les frontières entre humain et non-humain, entre fiction et réalité, l’œuvre invite à repenser nos modes d’existence et à envisager d’autres formes de coexistence, fondées sur l’attention, la solidarité et la régénération du vivant.

Soya the Cow & Uhura Bqueer
Dédomestication, performance, 2024–2026. Image : Aron Smith